Que d’émotions, que d’émotions… c’est extrêmement…, voire incroyable, trop bien et trop génial(issime), excessivement, horriblement, terriblement !!!
Chaque jour, dans l’exercice de notre métier (mais pas seulement), nous sommes confrontés à ce “toujours plus” : des délais incroyablement courts d’écriture, de conception, d’impression, des créations extrêmement ajustées, des sites internet terriblement rapides, hyper bien référencés, absolument adaptés à tous les supports, dans des budgets horriblement resserrés, pour encore plus de services, de contacts et surtout, un max de buzz.

Belles performances ? L’instantanéité des échanges que nous permettent les supports de communication dématérialisés rythme notre manière d’appréhender le monde qui nous entoure et notre façon de travailler. C’est une évidence. Soit. Le désir d’aller “plus” est amplifié par ces moyens à disposition, il n’y a plus de limite. A moins que ces technologies n’entretiennent l’illusion de la non limite : à défaut de nous rendre immortels, ils nous permettent seulement d’aller “plus vite, plus haut, plus fort” ! Sans quoi nous serions en mode mineur, ce qui n’est pas “terrible”.

Le cinema est désormais capable de nous faire croire à l’irréel avec une grande précision, est-il plus créatif ? Les musiciens sont désormais capables de super show à des milliers de personnes avec moult effets de sons, de lumières, de costumes et de magie, sont-ils plus émouvants ? Les sportifs sont désormais capables de battre des records imbattables, sont-ils plus admirables ?
Et si ceux-là n’étaient pas cela, seraient-ils moins ?

Nous courons après le temps : hier après quelques heures, aujourd’hui après quelques secondes alors que notre territoire administratif est encore organisé pour des déplacements à un jour de cheval et que nos cerveaux sont beaucoup plus lents que bien des intelligences artificielles.

Publicitaires (mais pas seulement), nous vivons une époque formidable : nous pouvons jouer de cette illusion de l’instantanéité qui nous rapproche forcément les uns des autres et qui doit absolument rimer avec plus d’efficacité ; si, toutefois, nous savons conserver la subtilité de notre métier qui a à faire avec celui de l’artisan d’un autre temps : observer, écouter, essayer, modifier, rêver, échanger, imaginer, recommencer…

Je vous invite à relire le paragraphe qui commence par “Le cinema” en supprimant les plus. Sont-ils un élément majeur ?
Un artiste (génial(issime)) s’intéresse beaucoup aux accords mineurs, il pense ainsi, dit-il, “améliorer” même les plus rabâchées des chansons (frère Jacques et joyeux anniversaire lui servent parfois d’exemples…) “pour être plus réaliste” et “s’éloigner de la célébration du vide”.
En l’écoutant, je suis de bonne humeur ce matin…